Bâtiment
Vérification générale périodique : 12, 6 ou 3 mois selon l'appareil
Douze mois pour la plupart des appareils de levage, six pour onze d'entre eux, trois dans un seul cas. Une machine de la liste vérifiée il y a un an est hors délai depuis six mois.
La vérification générale périodique d’un appareil de levage a lieu tous les douze mois. Mais l’arrêté du 1er mars 2004 prévoit deux périodicités dérogatoires, et la première est celle qui met les entreprises en défaut : la VGP tombe à six mois pour onze appareils nommément listés, pour les appareils mus à la main qui ne servent pas à lever des personnes, et pour tout appareil motorisé utilisé pour transporter des personnes ou déplacer un poste de travail en élévation. Elle descend à trois mois dans un seul cas : l’appareil mû à la main qui déplace un poste de travail en élévation (article 23).
Autrement dit : sur un parc de cinq engins, il est probable que deux d’entre eux ne suivent pas le rythme que vous appliquez aux autres.
Les onze appareils qui passent à six mois
La liste ne se devine pas : elle est écrite, au II de l’article 20 de l’arrêté, et l’article 23 y renvoie pour fixer la périodicité semestrielle. La voici en entier, dans l’ordre du texte :
- grues auxiliaires de chargement sur véhicules ;
- grues à tour à montage rapide ou automatisé, sur stabilisateurs ;
- bras ou portiques de levage pour bennes amovibles ;
- hayons élévateurs ;
- monte-meubles ;
- monte-matériaux de chantier ;
- engins de terrassement équipés pour le levage ;
- grues mobiles automotrices ou sur véhicule porteur, ne nécessitant pas de montage ou de démontage de parties importantes ;
- chariots élévateurs ;
- tracteurs poseurs de canalisations ;
- plates-formes élévatrices mobiles de personnes.
Deux précisions de vocabulaire, parce qu’elles font rater la liste à ceux qui la cherchent. Ce que tout le monde appelle une nacelle s’écrit « plates-formes élévatrices mobiles de personnes » : le mot nacelle n’apparaît nulle part dans l’arrêté. Et « chariots élévateurs » est bien la dénomination du texte, sans qualificatif — à ne pas confondre avec les « chariots automoteurs de manutention à conducteur porté », qui relèvent d’un autre corpus, celui de l’autorisation de conduite, et désignent un ensemble plus étroit.
Les deux autres familles à six mois
La liste des onze n’épuise pas le semestriel, et c’est ce que la plupart des articles sur le sujet laissent de côté : pour fixer les six mois, l’article 23 renvoie aux paragraphes II et III de l’article 20, pas au seul II.
Le III vise les appareils mus à la main et non conçus pour lever des personnes — palan à chaîne, treuil manuel, cric. Ils sont modestes, on les range rarement parmi le matériel à suivre, et ils relèvent pourtant du même rythme semestriel qu’une grue mobile.
S’y ajoutent les appareils motorisés servant à transporter des personnes ou à déplacer un poste de travail en élévation — une catégorie qui rattrape la nacelle, déjà nommée dans la liste.
Reste le trimestriel, et il ne concerne qu’un seul cas : l’appareil mû à la main qui déplace un poste de travail en élévation. Il ne s’étend pas aux onze appareils listés : un chariot élévateur ou un monte-matériaux manœuvré à la main reste à six mois.
Pourquoi ces onze-là, et pas d’autres
Le rapprochement n’est pas arbitraire, et le comprendre évite de se tromper sur un appareil qui ne figure pas dans la liste.
Ces onze appareils ont un point commun : ils ne nécessitent pas l’installation d’un support particulier. Ils passent d’un chantier à l’autre sans être remontés. Le texte les dispense donc de la vérification de remise en service à chaque changement de site — à une condition : qu’ils aient fait l’objet d’une vérification générale périodique depuis moins de six mois, dans la même configuration d’emploi.
La périodicité semestrielle est la contrepartie de cette dispense. On ne revérifie pas l’engin à chaque déplacement, mais on le vérifie deux fois par an. C’est un échange, pas une sévérité supplémentaire.
Le piège de calendrier
Il tient en une phrase, et c’est celui qui coûte le plus cher.
Un engin de cette liste vérifié « il y a un an » n’est pas presque à l’échéance : il est hors délai depuis six mois. Le réflexe annuel, qui est juste pour l’essentiel du parc, produit un retard d’un semestre entier sur les machines concernées — sans que rien ne le signale, puisque le rapport précédent, lui, est bien là.
C’est la raison pour laquelle un suivi par machine vaut mieux qu’un rythme mental unique. Deux périodicités, des dates de mise en service différentes, et personne pour prévenir : l’oubli n’arrive pas par négligence.
VGP et remise en service : deux choses différentes
C’est la confusion que la plupart des articles sur le sujet ne lèvent pas.
La vérification générale périodique tombe à date fixe : 12, 6 ou 3 mois selon l’appareil. La vérification de remise en service n’a pas de date : elle est déclenchée par un événement. L’article 20 en énumère cinq :
| Événement | Ce qui l’impose |
|---|---|
| Changement de site d’utilisation | Sauf dispense pour les onze appareils ci-dessus, sous réserve d’une VGP de moins de six mois |
| Changement de configuration ou des conditions d’utilisation, sur un même site | L’appareil vérifié n’est plus celui qui travaille |
| Démontage suivi d’un remontage | Le montage lui-même est une source de défaut |
| Remplacement, réparation ou transformation importante d’un organe essentiel | La vérification précédente ne porte plus sur le même appareil |
| Accident provoqué par la défaillance d’un organe essentiel | Le doute porte sur la conception ou l’état, pas sur l’usage |
Un engin peut donc être parfaitement à jour de sa VGP et devoir une vérification de remise en service. Suivre l’une ne dispense pas de l’autre.
Ce que contrôle l’inspection du travail
Le sujet n’est pas théorique cette année. L’inspection du travail mène une campagne nationale de contrôle sur les équipements de travail mobiles et de levage : contrôles de septembre à novembre 2026, contre-visites jusqu’en janvier 2027. Sont visés les chariots de levage à conducteur porté, les engins de terrassement — pelles, mini-pelles, chargeuses, compacteurs — et les tracteurs équipés d’un chargeur frontal.
Quatre points sont contrôlés : l’évaluation des risques, l’organisation de la circulation des équipements, la réalisation des vérifications réglementaires et la validité des autorisations de conduite. Une attention particulière est annoncée sur les intérimaires et les jeunes travailleurs.
Les résultats de la campagne précédente, en 2023-2024, disent où ça casse : 23 % des équipements contrôlés n’avaient fait l’objet d’aucune VGP — et, pour les seuls chariots de levage à conducteur porté, les vérifications étaient incomplètes dans 84 % des cas. S’y ajoutent 26 % de non-conformités sur les autorisations de conduite et 26 % de cas où les instructions requises n’avaient pas été fournies aux salariés. Plus de la moitié des documents uniques d’évaluation des risques étaient absents ou non conformes.
Deux de ces quatre points ne se jouent pas sur le terrain. Ce sont des documents avec une date dessus.
Ce qu’il faut suivre, engin par engin
Une ligne par appareil, portant trois informations : la date du dernier rapport, la périodicité qui s’applique à ce matériel — 12, 6 ou 3 mois —, et l’état des observations du rapport précédent. Ce dernier point est le plus négligé : une vérification faite dont les réserves n’ont jamais été levées ne protège de rien.
L’exercice à faire une fois, à froid : reprendre chaque engin du parc, noter la date de son dernier rapport, ajouter la bonne périodicité. Ce qui est déjà passé apparaît immédiatement.
Une ligne par engin dans Kimori
C’est exactement ce que Kimori fait de cette liste : une échéance par appareil, avec sa périodicité propre — six mois pour la nacelle et le chariot élévateur, douze pour le reste —, le rapport de vérification en document joint, et l’observation à lever consignée en mention. Vous saisissez la date une fois ; le rappel revient seul, par e-mail et dans votre agenda, assez tôt pour réserver l’organisme de contrôle avant l’échéance et non après.
Le modèle « Appareil de levage » du kit bâtiment est prêt à l’emploi : votre parc est en place en quelques minutes — Kimori pour le bâtiment.
Questions fréquentes
Tous les combien faut-il faire la VGP d'un appareil de levage ?
Tous les 12 mois en règle générale. Six mois pour onze appareils nommément listés au II de l'article 20 de l'arrêté du 1er mars 2004 — dont les chariots élévateurs, les hayons élévateurs et les engins de terrassement équipés pour le levage —, pour les appareils mus à la main qui ne servent pas à lever des personnes (III du même article), et pour tout appareil motorisé qui transporte des personnes ou déplace un poste de travail en élévation. Trois mois dans un seul cas : l'appareil mû à la main qui déplace un poste de travail en élévation.
Un chariot élévateur, c'est 6 mois ou 12 mois ?
Six mois. Les chariots élévateurs figurent littéralement dans la liste du II de l'article 20, à laquelle l'article 23 renvoie pour fixer la périodicité semestrielle. C'est l'une des confusions les plus fréquentes, parce que le rythme annuel est celui que tout le monde a en tête.
La VGP et la vérification de remise en service, c'est la même chose ?
Non, et les confondre est la première cause de retard. La VGP est périodique : elle tombe à date fixe. La vérification de remise en service est déclenchée par un événement — changement de site, démontage-remontage, réparation d'un organe essentiel, accident. Un engin peut être à jour de sa VGP et devoir malgré tout une remise en service.
Que risque-t-on si la VGP n'est pas à jour ?
L'absence de vérification est relevée directement par l'inspection du travail, qui peut demander à l'employeur de faire contrôler la conformité de ses équipements (article L4722-1 du code du travail). Le manquement aux règles de santé et de sécurité applicables aux équipements de travail relève par ailleurs des dispositions pénales : 10 000 € d'amende, appliquée autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés (article L4741-1). Lors de la campagne 2023-2024, 23 % des équipements contrôlés n'avaient fait l'objet d'aucune VGP.
Qui peut réaliser une vérification générale périodique ?
Une personne qualifiée, appartenant ou non à l'établissement, compétente en prévention des risques présentés par l'équipement vérifié ; l'employeur tient la liste de ces personnes à la disposition de l'inspection du travail (article R4323-24 du code du travail). En pratique, la plupart des entreprises passent par un organisme de contrôle, qui remet un rapport dont les observations doivent ensuite être levées.